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Les prix négatifs de l’électricité : quand l’offre dépasse la demande

Les prix négatifs de l’électricité : quand l’offre dépasse la demande

L'électricité peut se vendre à un prix négatif ? Oui, vous avez bien lu ! Il s’agit même d’un phénomène de plus en plus fréquent, reflétant les défis posés par l’essor des énergies renouvelables et le délicat équilibre entre production et consommation d’électricité. Alors, pourquoi ces situations se produisent-elles, et comment y remédier ? On vous aide à y voir plus clair.

Les prix négatifs de l’électricité : quand l’offre dépasse la demande

Qu’est-ce qu’un prix négatif ?

Un prix négatif survient lorsque l’offre d’électricité dépasse la demande. Pour faire simple : c’est quand il y a trop de production et pas assez de consommation. Ça peut être l’été quand le soleil est le plus généreux ou la nuit quand les éoliennes produisent à coups de rafales. Et comme les prix de gros de l’électricité se forment en fonction de l’offre et de la demande, plus il y a d’électricité produite par rapport à ce qui est consommé, plus les prix baissent.

Un phénomène en hausse

En 2024, la France a connu 360 heures de prix négatifs. C’est trois fois plus qu’en 2022 (102 heures) et près du double par rapport à 2023 (147 heures) ! D’après l’analyse de la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE), ces épisodes se concentrent généralement entre 12h et 16h, souvent les week-ends, quand la demande est faible. À quel point les prix deviennent-ils négatifs ? Dans la moitié des cas, ils oscillent entre -0,1 €/MWh et 0 €/MWh.

Le rôle des énergies renouvelables

Pourquoi ces prix négatifs sont-ils plus fréquents ? Principalement en raison de l’essor des énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire. Ces sources d’énergie sont intermittentes : elles produisent quand le vent souffle ou que le soleil brille, indépendamment des besoins. Sauf que l’électricité n’est pas stockable à grande échelle et c’est là que ça pose problème.

Quels leviers pour limiter ces prix négatifs ?

Si ces prix négatifs reflètent les défis de l’intégration des énergies renouvelables, ils mettent également en lumière des leviers d’action importants : pilotage des centrales, interconnexions et gestion de la demande.

1. Moduler la production nucléaire

Un phénomène marquant en 2024 a été la modulation de la production nucléaire notamment pendant l’été et les week-end. Ce pilotage permet d’éviter un excédent sur le réseau et de faciliter l’intégration des énergies renouvelables.

2. Développer les interconnexions

Lors des épisodes à prix négatifs sur la période de début 2023 à mi-2024, la France a été « exportatrice dans 85% des cas », selon la CRE. On voit bien là l’intérêt de ces infrastructures : équilibrer notre réseau en faisant profiter à nos voisins européens d’une électricité bas carbone à moindre coût.

3. Encourager une consommation plus flexible

L’idée serait de déplacer ses consommations aux moments où les prix sont bas (on parle alors “d’effacement”) et de contribuer ainsi à stabiliser le réseau. Mieux consommer au bon moment permettrait de tirer parti d’une électricité plus abondante et moins chère, plutôt que de chercher à la stocker, une solution complexe et coûteuse.

Et si demain, nous apprenions ensemble à mieux ajuster consommation et production ?

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