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Entretien avec Clément Métayer, Directeur des Marchés de l’Énergie – Alterna énergie
Après les tensions exceptionnelles de 2022, les marchés de l’électricité ont retrouvé des niveaux nettement plus modérés. Faut-il y voir un retour durable à la normale ? À horizon 2030, les prix vont-ils baisser, se stabiliser ou repartir à la hausse ?
Dans un contexte énergétique qui reste marqué par des incertitudes géopolitiques persistantes — illustrées récemment par le conflit en Iran et ses effets sur les marchés du gaz et du pétrole —, mais aussi par la montée en puissance des renouvelables et des trajectoires d’électrification encore évolutives, Alterna énergie décrypte les forces en présence.

Oui — même si l’exercice reste incertain par nature.
Sur les marchés de l’énergie, aucune prévision n’est garantie, même à 6 mois. Mais l’horizon 5 ans correspond aux pratiques réelles des entreprises : la majorité des stratégies d’achat se construisent sur 3 à 5 ans, rarement davantage.
L’objectif n’est donc pas de prédire un chiffre précis en 2030, mais d’identifier les forces dominantes, les scénarios plausibles et les risques asymétriques.
En matière d’énergie, le risque central n’est pas l’erreur de prévision : c’est la surprise.
Le prix de l’électricité repose sur un principe simple : l’équilibre entre l’offre et la demande.
Trois questions structurent l’analyse :
Le prix final dépend ensuite de la centrale la plus coûteuse appelée pour équilibrer le système.
Or les écarts sont considérables :
C’est ici que les facteurs conjoncturels deviennent déterminants.
Le premier risque reste clairement géopolitique.
Les tensions internationales influencent directement :
Un déséquilibre sur une zone stratégique de production ou de transit peut rapidement renchérir le gaz, et donc l’électricité. Les événements récents, la guerre en Iran et notamment le blocage du détroit d’Ormuz par les gardiens de la révolution, ont démontré la rapidité et l’ampleur de ces effets.
Le prix du CO₂, souvent perçu comme structurellement haussier, reste lui aussi volatil. Il dépend autant des objectifs climatiques européens que des équilibres politiques futurs.
Enfin, la météo et le climat jouent un rôle plus diffus mais réel :
Ces facteurs influencent la volatilité annuelle. Mais à 5 ans, ce sont surtout les dynamiques structurelles qui dessinent la trajectoire.
Les projections de RTE reposent sur plusieurs scénarios.
Deux trajectoires principales se dégagent :
Les capacités renouvelables continuent d’augmenter, tandis que la consommation progresse peu. C’est aujourd’hui le scénario le plus proche de la réalité observée. Dans cette configuration, les prix pourraient rester modérés, voire légèrement s’éroder.
Mobilité électrique massive, développement des data centers, bascule industrielle vers l’électricité. Si cette dynamique s’enclenche fortement, la demande pourrait dépasser l’augmentation de production, exerçant une pression haussière sur les prix.
À ce stade, les signaux d’électrification existent, mais leur ampleur reste incertaine. La production a progressé plus vite que la consommation ces dernières années.
Le scénario central reste donc celui d’une relative stabilité, avec un risque de hausse en cas de rupture.
Au-delà du marché de gros, la trajectoire des prix dépend aussi des infrastructures.
Le développement des énergies renouvelables implique :
Ces investissements structurent les coûts d’acheminement et conditionnent la capacité du système à absorber la variabilité des ENR.
La France bénéficie d’un atout important : un mix largement décarboné, dominé par le nucléaire et les renouvelables, et une position centrale dans les échanges européens.
Cette configuration la rend moins dépendante des combustibles fossiles que certains voisins. Mais elle reste sensible à la disponibilité du parc nucléaire et aux équilibres européens.
Le contexte actuel est objectivement plus favorable qu’il y a trois ans.
Les prix de marché sont revenus à des niveaux maîtrisés, très loin des pics observés en 2022.
Le scénario le plus probable est celui d’une stabilité, voire d’une légère baisse.
Mais le potentiel de baisse est limité — tandis que le risque d’un choc exogène demeure.
Autrement dit : mieux vaut sécuriser dans un contexte raisonnable que spéculer sur un point bas hypothétique.
De nombreuses entreprises choisissent aujourd’hui de se couvrir sur 3 à 5 ans. À ces niveaux de prix, l’enjeu n’est pas de gagner quelques euros par mégawattheure, mais d’éviter un retour du risque extrême.
À horizon 2030 :
Dans cet environnement, la stratégie d’achat ne doit pas reposer sur une anticipation parfaite du marché, mais sur une gestion structurée du risque.
Chez Alterna énergie, nous accompagnons nos clients dans la construction de stratégies d’achat adaptées à leur profil et à leur exposition, afin de transformer l’incertitude en levier de sécurisation et de performance durable.