12/11/2021

Déboires et enchantements, ils racontent leurs trajets longue distance en voiture électrique

Jérémy Nourrissier et Christophe Mesnard sont tous les deux propriétaires aguerris d’une voiture électrique. Passé les premiers coups de stress, ils nous expliquent comment ils ont fait des trajets longue distance un plaisir.

Plein Sud, plein Ouest ou plein Nord. Originaire de Bressuire (Deux-Sèvres), Jérémy n’hésite pas à rallier les quatre coins de la France avec sa voiture électrique… et avec le sourire ! L’aventure de la mobilité décarbonée a commencé pour lui il y a six ans, avec une petite citadine, en location longue durée. Il s’agissait alors surtout de faire des économies de carburant : « Deux euros pour 100 km d’autonomie récupérée et très peu d’entretien, détaille-t-il. Et puis j’avais déjà un véhicule diesel, je voulais tester quelque chose de différent. »  

Des milliers de kilomètres au compteur

Trois années auront suffi à le convaincre d’acheter son propre véhicule électrique, il y a deux ans : un SUV disposant de 500 km d’autonomie, avec lequel il roule 15 000 km par an. Christophe, habitant de Fontclaireau, au nord d’Angoulême (Charente), a lui aussi été attiré par la perspective de faire des économies de carburant, tout en faisant un geste pour la planète : « Suivre un véhicule qui fume, ça n’est jamais agréable, » rappelle-t-il. Profitant d’une importante rentrée d’argent, il a sauté le pas en 2014, jetant son dévolu sur une petite berline électrique d’occasion. Aujourd’hui, il en est à sa troisième auto, avec laquelle il avale les kilomètres : jusqu’à 35 000 par an.

Longues distances : même pas peur !

Christophe rayonne dans le Grand Ouest : direction La Rochelle, Tours, Bordeaux, Limoges, Cognac… Pour Jérémy, devenu lui aussi adepte des grands voyages, c’était la Bretagne l’année dernière et Hossegor, dans les Landes, à l’Ascension. « J’habite à Bressuire, à 400 km. Ce n’était que de l’autoroute et en plus nous étions cinq dans la voiture. Mais tout s’est très bien passé ! Juste un petit arrêt pour recharger ; l’occasion de faire la pause réglementaire après deux heures de route, raconte-t-il. Cela n’a pris qu’une petite trentaine de minutes. Mais ce type de bornes rapides, il n’y en a pas partout, il a fallu prévoir en amont où s’arrêter. » Rien à voir cependant avec ses premières longues distances en tout électrique : « Quand j’ai eu mon premier véhicule, l’infrastructure publique était assez peu développée, c’était l’aventure, relate-t-il. Même pour aller à Nantes et Poitiers, il fallait complètement organiser son itinéraire en avance. »

Voiture électrique, tourisme et système D

Son premier trajet, Christophe l’a encore très clairement en mémoire. Il revenait de Montluçon (dans l’Allier) avec son premier véhicule électrique, acheté d’occasion. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il avait tout prévu (y compris de faire un peu de tourisme !) : « Avec ma femme, nous avions réservé une nuit dans une chambre d’hôtes pour recharger. Le midi, nous nous étions arrêtés manger dans un très joli village. En prévision, nous avions téléphoné au maire pour savoir si nous pouvions utiliser une prise communale afin de faire le plein d’électricité. C’était un peu le système D : on a fait passer tant bien que mal le cordon par une fenêtre. Mais c’était une prise ordinaire, peut-être pas en 2,5mm2 mais en 1,5mm2. Trop léger, je crois : ça a un peu chauffé ! » lâche-t-il dans un rire.

Aventure…et mésaventures !

Mais son voyage le plus épique reste son aller-retour à Dinan, en Bretagne. Il se remémore : « Là encore, j’avais tout préparé en amont, en repérant les bornes disponibles sur le trajet, sur des parkings de supermarché, dans des garages... Mais c’était une journée très chaude… ce que la batterie n’apprécie pas du tout. À Rennes (Ille-et-Vilaine), la pause recharge a duré deux ou trois heures, car la batterie avait besoin de refroidir. Résultat : j’ai passé 12 heures sur la route. Au retour, faute d’autonomie suffisante vers la fin du trajet, j’ai fait un arrêt imprévu à Melle (Deux-Sèvres), en pleine nuit. Il y avait une borne publique, mais j’ai dû patienter quatre heures avant de repartir. En attendant, j’ai dormi comme je pouvais, sur une estrade de la place du village. »

Tout petit coût de recharge avec une voiture électrique

C’est progressivement – et parfois dans l’épreuve 😭 – que les deux hommes ont appris à connaître leurs véhicules électriques et à optimiser leur fonctionnement. Entre temps, les bornes se sont multipliées, les modèles de voiture ont évolué, des outils d’aide à la localisation des infrastructures de recharge se sont développés. De quoi rendre la vie plus facile aux utilisateurs. Aujourd’hui, Christophe et Jérémy continuent d’apprécier les économies que leur permet de réaliser l’électrique (hors achat !), considérables quand elles sont rapportées à de grands trajets : « Le coût de recharge de ma voiture électrique est d’une quinzaine d’euros pour l’équivalent d’un plein d’essence, compare Jérémy. Et puis j’ai installé des panneaux photovoltaïques sur mon toit, alors quand le soleil donne, je recharge gratuitement. » Et ils confirment à l’usage : l’entretien de leur véhicule ne leur coûte pas grand-chose, comparé à un homologue thermique.

Plaisir et défi de l’écoconduite

Surtout, ils ont appris à apprécier la conduite en mode électrique. « Avec une voiture classique, j’ai une conduite nerveuse et je ne respecte pas forcément les limitations de vitesse. En électrique, il n’y a pas de vitesse à passer, pas de bruit de moteur, l’accélération est puissante, mais sans à-coups. Et puis l’éco-conduite permet de gagner en autonomie. Par conséquent, je suis plus zen au volant, j’ai le pied plus léger, » confie Jérémy. Les deux hommes ne cachent pas non plus avoir développé un certain goût du défi : « Il y a un petit jeu qui se crée dans la course à l’autonomie, on essaie de battre des records ! » explique Christophe. En parlant de records, Jérémy commence à lorgner sur l’étranger. Quant à Christophe, il visait la Bretagne pour cet été, objectif Quimper. Les galères de son aller-retour à Dinan sont oubliées 💪.

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